En plein marasme 


Le marché canadien de l’habitation demeure ralenti, mais les conditions de revente en général ne se détériorent pas, tandis que la construction continue de progresser. De façon générale, il semble qu’un ton moins hostile sur le plan du commerce et une certaine clarté politique au Canada aient atténué le stress sur la confiance des acheteurs, mais les taux hypothécaires ne sont toujours pas assez bas pour améliorer l’abordabilité ou raviver la demande des investisseurs. Nous continuons de voir des ventes modérées et des prix stagnants à l’échelle nationale. 

 

Les ventes de maisons existantes ont augmenté de 3,6 % en mai, après désaisonnalisation, mais ont tout de même diminué de 4,3 % par rapport à il y a un an. La majeure partie de la baisse des ventes a été observée à Toronto (-11 % sur 12 mois), à Vancouver (-17,5 % sur 12 mois) et à Calgary (-15,2 % sur 12 mois), tandis que de nombreux autres marchés affichent des baisses modestes ou de solides gains (en particulier au Québec et dans les provinces de l’Atlantique). 

 

Bien que la confiance des consommateurs semble avoir quitté les creux des derniers mois, les perspectives économiques demeurent prudentes et le marché de l’emploi s’est assoupli. L’approche prudente de la Banque du Canada à l’égard d’un nouvel assouplissement des taux a également gardé les taux hypothécaires variables supérieurs aux taux fixes de cinq ans, ce qui n’a offert que très peu d’allègement du coût d’emprunt jusqu’à présent en 2025. Compte tenu des pressions sur l’abordabilité (malgré la baisse des prix) et de la dynamique de placement difficile (flux de trésorerie négatifs et absence de dynamique des prix), le marché semble bloqué jusqu’à ce que les taux baissent. 

 

Les nouvelles inscriptions ont augmenté de 3,1 % au cours du mois (+8,0 % sur 12 mois), l’équilibre du marché national étant toujours morose. Le ratio ventes-nouvelles inscriptions à l’échelle nationale a augmenté pour atteindre 47,0 %, ce qui ressemble encore aux niveaux les plus bas depuis 2009 (et le milieu des années 1990). 

 

Les prix ont continué de baisser à l’échelle nationale en mai, et la faiblesse s’atténue. Le prix de référence des propriétés MLS a chuté de 0,2 %, après désaisonnalisation (taux annuel de -2,5 %), établissant le taux sur 12 mois à -3,5 %. L’indice de référence national est maintenant inférieur de 17,5 % aux sommets atteints au début de 2022. 

 

Le sud de l’Ontario demeure le point faible, avec une surabondance de copropriétés sur le marché de la revente et exerçant une pression à la baisse sur les prix. Les prix des appartements sont en baisse de 6 % à 10 % par rapport à il y a un an dans des marchés comme Toronto, Kitchener-Waterloo et Barrie. Les prix des maisons unifamiliales dans ces marchés résistent mieux, mais ne sont pas à l’abri. 

 

Le ralentissement du marché de Vancouver et d’autres parties de la Colombie-Britannique se poursuit en raison de l’abondance de nouvelles inscriptions. Vancouver est bien en territoire d’un marché favorable aux acheteurs, les prix des copropriétés et des maisons unifamiliales ayant diminué par rapport à il y a un an. 

 

En revanche, les marchés du Québec et ceux plus à l’Est sont presque tous serrés, car la hausse constante des ventes surpasse la hausse des nouvelles inscriptions. Les hausses de prix dans ces régions sont dans les deux chiffres pour certains types de propriétés. 

 

Le marché de Calgary, qui a longtemps été un précurseur de la vigueur du marché, a considérablement ralenti au cours des derniers mois. Les ventes sont en baisse par rapport à il y a un an, et le marché favorable aux vendeurs des deux dernières années n’est plus. 

 

Dans un communiqué distinct, le nombre annualisé de mises en chantier au Canada a atteint 279 500 unités en mai, une suite solide au nombre comparable observé le mois précédent. Dans l’ensemble, le niveau de construction résidentielle demeure très ferme, compte tenu des conditions beaucoup plus faibles du marché de la revente, en particulier pour les copropriétés. La moyenne sur 12 mois est de 244 000 unités, tandis que la moyenne sur 6 mois est de 243 000 unités. Cela dit, les mises en chantier pour l’accession à la propriété et les copropriétés ont fortement chuté, mais l’écart est comblé par un important bassin de projets de logements construits expressément pour la location qui démarrent. Cette dynamique de l’offre et de la demande – un ralentissement soudain de la demande alimentée par l’immigration, mais de longs délais liés à l’offre – devrait effectuer une pression à la baisse sur les loyers au cours de l’année à venir. 


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