Les biens immobiliers sur le plan local
Le marché canadien de l’habitation s’est montré très équilibré et stable tout au long de l’été, mais d’importantes variations régionales persistent. À l’échelle nationale, les ventes ont constamment regrimpé vers les normes à long terme, les stocks sont élevés, mais ne saturent pas trop le marché, et les prix sont stables. Dans les marchés où les corrections de prix sont en cours, nous semblons nous rapprocher de niveaux qui incitent certains acheteurs à revenir sur le marché, ce qui aide le marché à mieux s’équilibrer.
Nous avons constaté trois principaux facteurs qui freinent le marché de l’habitation, mais certains s’améliorent : Les conditions économiques et celles du marché de l’emploi sont moroses, sans compter l’incertitude découlant de la guerre commerciale. Cette dernière se poursuit, mais elle est moins prononcée qu’au printemps, en particulier avec les actions qui atteignent des sommets records chaque semaine. La Banque du Canada est en attente, et les taux hypothécaires d’environ 4 % ne sont pas suffisamment bas pour améliorer l’abordabilité d’une manière qui stimule la demande. Et la psychologie du marché est un obstacle. Tout comme les attentes de prix plus élevés ont accéléré les gains à la hausse, la perception de la baisse des prix freine les acheteurs dans certains endroits. À moins que l’économie ne ralentisse vraiment, nous continuerons de voir des conditions globales relativement équilibrées.
En juillet, les ventes de maisons existantes ont augmenté de 3,8 % après désaisonnalisation, soit la quatrième augmentation mensuelle consécutive. Les ventes ont également enregistré une hausse modérée de 6,6 % par rapport à l’année dernière et se situent de nouveau dans la fourchette, quoique dans la partie inférieure, de ce qui était « normal » avant la pandémie.
Les nouvelles inscriptions ont peu changé au cours du mois, mais sont tout de même en hausse de 5,9 % par rapport à la même période l’an dernier. En général, il y a un bon flux d’inscriptions, mais très peu de ventes forcées, ce qui a permis de maintenir cette correction ordonnée et de la contenir. En effet, l’équilibre du marché s’est de nouveau amélioré en juillet, le ratio ventes-nouvelles inscriptions à l’échelle nationale ayant augmenté à 52 %, presque exactement au point d’équilibre.
En raison de ces conditions équilibrées, après désaisonnalisation, le prix de référence national a été stable en juillet, toujours inférieur de 3,4 % au niveau d’il y a un an. Le prix de référence national demeure inférieur de plus de 17 % aux sommets atteints au début de 2022, et continue d’évoluer dans une fourchette étroite.
Les chiffres nationaux masquent vraiment de grandes différences à l’échelle du pays et entre les segments. Voici un aperçu :
Le sud de l’Ontario demeure le point faible, avec une surabondance de copropriétés en construction sur le marché de la revente et exerçant une pression à la baisse sur les prix. La vague de propriétés détenues par des investisseurs se répercute également sur le marché locatif, ce qui fait baisser les loyers et éloigne les nouveaux investisseurs. Les prix des appartements sont en baisse de 6 % à 9 % par rapport à il y a un an dans des marchés comme Toronto, Kitchener-Waterloo et Barrie, et les nouvelles préventes sont pratiquement inexistantes. Les prix des maisons unifamiliales dans ces marchés résistent mieux, mais sont aussi toujours à la baisse.
Vancouver et certains autres marchés de la Colombie-Britannique demeurent faibles en raison des stocks élevés, mais ils ont diminué au cours des derniers mois. Vancouver est revenue sur un marché équilibré avec un ratio ventes-nouvelles inscriptions de 40 %, mais les prix des copropriétés et des maisons individuelles ont diminué d’environ 3 % par rapport à il y a un an.
Les marchés du Québec et de l’Est demeurent très tendus presque partout. Les hausses de prix dans ces régions sont solides, en particulier grâce à une croissance de la population de 18 % sur 12 mois à Québec, de 8,4 % sur 12 mois à Montréal et de 9 % sur 12 mois à Fredericton. Sur une échelle d’abordabilité relative, il s’agit de marchés qui ont toujours été très abordables et qui, par conséquent, éprouvent beaucoup moins de difficultés (voire pas du tout) en raison du poids des taux hypothécaires actuels.
Calgary continue de ralentir, et la majeure partie de la tension de ce qui était le marché le plus vigoureux au Canada est maintenant dissipée. Les ventes sont en baisse de 10 % par rapport à l’année dernière, et le marché favorable aux vendeurs des deux dernières années est désormais très équilibré. L’indice de référence du prix des propriétés est maintenant en légère baisse par rapport à l’an dernier. Les investisseurs ont peut-être reculé; l’arbitrage lié à l’abordabilité a peut-être suivi son cours – le marché moins coûteux d’Edmonton demeure très solide.
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