Vente de liquidation 


Au mois d’août, le marché du logement au Canada est resté très équilibré dans l’ensemble, bien qu’il présente d’importantes divergences sur le plan régional et sectoriel. À l’échelon national, les ventes ont régulièrement grimpé vers des volumes conformes aux normes à long terme, les stocks sont élevés sans trop saturer le marché, et les prix demeurent effectivement stables. Sur les marchés où la correction des prix est en cours, l’abondance des stocks commence à séduire les acheteurs. Si la Banque du Canada procède à quelques nouvelles baisses pour ramener les taux hypothécaires plus près de 3,5 %, cela pourrait accélérer le processus et finir par resserrer certains de ces marchés. 


En attendant, il faut prévoir une vague de renouvellements de prêts hypothécaires dans les six à douze prochains mois. L’an prochain, quelque 1,8 million de prêts hypothécaires canadiens seront à renouveler, pour la plupart souscrits à l’ère des faibles taux d’emprunt, il y a trois à cinq ans. C’est beaucoup, mais nous continuons à penser que les ménages, l’économie et le système financier sont bien équipés pour absorber le choc. Pour en savoir plus, lire « The Mortgage Renewal Wave: Sink or Swim? » (en anglais seulement). 


En données corrigées des variations saisonnières, les ventes de logements existants ont augmenté de 1,1 % en août, le cinquième mois consécutif de hausse. Avec un modeste relèvement de 1,9 % par rapport à l’année précédente, les ventes sont, dans les faits, revenues à leur normalité prépandémique, quoique vers le bas de la fourchette. 


Les nouvelles inscriptions, plus vigoureuses, ont augmenté de 2,6 % au cours du mois, et elles sont en hausse de 6,1 % par rapport à il y a un an. Les stocks sont abondants et le ratio ventes-nouvelles inscriptions a légèrement fléchi pour atteindre 51,2 % en août, traduisant toujours des conditions globalement équilibrées. L’offre de logements à vendre est restée stable, à un niveau très raisonnable de 4,4. Cette évolution a été favorisée par la baisse des prix, qui a permis de résorber les stocks sur le marché. Par ailleurs, on peut se demander si une part importante des nouvelles inscriptions ne sont pas plutôt des réinscriptions à des prix inférieurs. 


Dans des conditions équilibrées, le prix de référence national n’a baissé que de 0,1 % en août, en données corrigées des variations saisonnières, ce qui fait que les prix sont encore inférieurs de 3,4 % à leur niveau d’il y a un an. L’indice de référence national se situe toujours à plus de 17 % en dessous des niveaux records atteints au début de 2022, et une certaine stagnation perdure. 


Voici un survol du marché à l’échelon local : 


Le sud de l’Ontario reste le point faible, avec une surabondance de copropriétés en construction, ce qui affecte le marché de la revente et exerce une pression sur les prix. De plus, la vague d’actifs détenus par des investisseurs se déverse sur le marché locatif, entraînant les loyers à la baisse et éloignant les nouveaux investisseurs. Les prix des appartements ont baissé de 6 à 15 % par rapport à l’année dernière sur des marchés tels que Toronto, London et Barrie. Là, les prix des maisons individuelles résistent mieux, mais ils continuent de baisser, puisqu’il reste des progrès à faire sur le plan de l’accessibilité. 


Vancouver et d’autres marchés de la Colombie-Britannique restent tendus en raison des stocks élevés, mais leur situation s’est assouplie au cours des derniers mois. Vancouver a retrouvé un marché équilibré avec un ratio ventes-nouvelles inscriptions de 42 %, mais les prix des appartements en copropriété et des maisons individuelles ont baissé de 4 à 5 % par rapport à l’année dernière. 


Les marchés au Québec et dans les régions situées plus à l’est restent tendus presque partout. Les prix y augmentent résolument, avec des bonds sur 12 mois de 14 % à Québec, de 7 % à Montréal et de 10,0 % à Fredericton. Sur une échelle d’accessibilité relative, il s’agit de marchés caractérisés depuis toujours par des prix très raisonnables et où le poids des taux hypothécaires actuels se fait bien moins sentir. 


À Calgary, le marché continue de se ramollir, et les prix ont éliminé une bonne partie des transactions visant les logements abordables et des opérations d’arbitrage (p. ex., entre Toronto et Calgary). Les ventes ont baissé de 11 % par rapport à l’année dernière et le marché est maintenant équilibré, bien qu’encore anémique. En fait, l’indice de référence des prix des propriétés est en baisse de 2 % par rapport à l’année dernière. Il est intéressant de noter que le marché d’Edmonton, où les prix sont moins élevés, reste très ferme. 

 


Consultez les graphiques à l’appui (en englais seulement). 

 

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