Trouver une nouvelle normalité


Le marché canadien de l’habitation est resté globalement équilibré en octobre, et il semble s’installer dans sa nouvelle normalité qui a fait suite à la pandémie ou à la correction. À l’exception de quelques régions particulières qui peinent encore (comme le sud de l’Ontario, notamment les copropriétés et certaines régions de la Colombie-Britannique), et de certaines autres qui sont très solides, les volumes de ventes sont à des niveaux très normaux, les taux hypothécaires sont revenus à des niveaux neutres et les prix à l’échelle nationale sont très stables.


En octobre, les ventes de maisons existantes ont augmenté de 0,9 % après désaisonnalisation, mais ont tout de même enregistré une baisse modeste de 4,3 % par rapport à il y a un an. Le volume de l’activité de revente est de fait revenu dans la fourchette de ce qui était normal avant la pandémie. Bien entendu, cela s’oppose aux nouvelles ventes qui sont à un creux dans un certain nombre de marchés. Les nouvelles inscriptions ont baissé de 1,4 % au cours du mois et sont en hausse de 4,3 % par rapport à il y a un an. Le ratio ventes-nouvelles inscriptions s’est donc légèrement amélioré pour s’établir à 52,2 %, ce qui reflète des conditions globales très équilibrées à l’échelle nationale.


Ces conditions équilibrées ont fait en sorte que le prix de référence national est resté plutôt inchangé au cours des six derniers mois. Après désaisonnalisation, les prix ont augmenté de 0,2 % en octobre, mais ont tout de même reculé de 3 % par rapport à il y a un an et sont inférieurs de plus de 17 % au sommet atteint au début de 2022. Les prix des maisons canadiennes sont passés d’une forte correction à une contraction lente et prolongée, qui devrait se poursuivre en 2026.


Entre-temps, comme les conditions de l’ensemble du marché deviennent très neutres, les taux hypothécaires canadiens le deviennent aussi. La plupart des taux hypothécaires se situent maintenant autour de la fourchette de 3,75 % à 4,25 %, selon la durée. Nous continuons de considérer qu’il s’agit d’un niveau très neutre de coûts d’emprunt que les acheteurs et les investisseurs devraient budgéter sur un horizon plus long. Par conséquent, nous ne voyons pas non plus d’amélioration possible, à moins d’un autre recul important de l’économie. À l’heure actuelle, en raison des cours du marché, la Banque du Canada maintient ses taux au même niveau jusqu’en 2026; et notre prévision de fin d’année 2026 pour les taux de rendement à 5 ans ne laisse pas beaucoup de recul pour les taux hypothécaires fixes à 5 ans. Autrement dit, à moins d’une surprise économique ou inflationniste, ce sont des coûts d’emprunt que le marché devra évaluer lui-même


Voici un aperçu des conditions du marché local :


Le sud de l’Ontario demeure le point faible, mais les mauvaises conditions s’atténuent graduellement (à l’extérieur du nouveau secteur des copropriétés). En effet, les ventes de nouvelles copropriétés sont pratiquement épuisées, et le marché de la revente éprouve toujours des difficultés à liquider ses stocks, compte tenu du peu de ventes forcées, mais toujours d’une abordabilité difficile du point de vue des acheteurs. Il faudra donc encore une fois des baisses graduelles des prix ou du temps pour que les revenus rattrapent les prix. Les taux hypothécaires inférieurs à 4 % ont aidé la cause, mais il faudrait voir plus de baisses pour que le marché remonte la pente. Les prix des appartements ont baissé de 10 % à 15 % par rapport à il y a un an dans les régions de Hamilton à London, tandis que les prix des maisons unifamiliales se comportent moins mal.


Vancouver et certains autres marchés de la Colombie-Britannique demeurent faibles et les parcs de logements importants, mais la situation a un peu évolué au cours des derniers mois. Vancouver est revenue en territoire équilibré avec un ratio ventes-nouvelles inscriptions de 42 %, mais les prix des copropriétés et des maisons individuelles ont diminué d’environ 4 % à 5 % par rapport à il y a un an.


Les marchés du Québec et de l’Est demeurent tendus presque partout. Les hausses de prix dans ces régions sont soutenues, avec une hausse de 18 % sur 12 mois à Québec, de 7 % sur 12 mois à Montréal et de 9 % sur 12 mois à Moncton.


Le marché de Calgary s’est vraiment équilibré après une forte remontée, et l’intéressant arbitrage lié à l’abordabilité ou à l’intérêt des investisseurs (de Toronto à Calgary) n’est, dans une large mesure, plus anticipé. Les ventes ont baissé de 12 % par rapport à l’année dernière et les prix ont baissé de 2 %. Edmonton et le reste des Prairies demeurent assez solides.



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