Un printemps peu vigoureux
Le marché canadien de l’habitation n’est pas encore sorti de son hibernation, avec un niveau de ventes qui reste modéré et des prix qui continuent de baisser à l’échelle nationale. Les conditions du marché continuent de varier considérablement d’une région à l’autre, mais dans l’ensemble, on n’observe pas de grand mouvement de hausse. La situation devrait être plus claire au printemps, mais nous nous attendons à une activité modeste pendant la majeure partie de l’année.
En mars, les ventes de maisons existantes ont baissé de 0,1 % après désaisonnalisation, et de 2,3 % par rapport à il y a un an. Le niveau des ventes demeure très faible, à environ 17 % de moins que la moyenne sur 10 ans. En termes bruts, il s’agit du mois de mars le plus faible depuis la récession de 2009. Les nouvelles inscriptions ont également baissé de 0,2 % au cours du mois et sont en baisse de 4,9 % par rapport à il y a un an.
Le ratio de ventes par rapport aux nouvelles inscriptions a peu changé (47,8 %), ce qui reflète des conditions globales encore équilibrées à l’échelle du pays. Les prochains mois seront propices à l’évaluation de l’équilibre du marché, puisqu’une partie de la demande refoulée permettra de répondre aux inscriptions refoulées qui ne se sont pas vendues depuis l’automne. L’interaction entre ces deux éléments déterminera si le marché peut se resserrer jusqu’à la fin de l’année. Bref, après avoir touché le fond, nous n’avons d’autre choix que de remonter (éventuellement).
Le prix de référence national a encore reculé en mars, avec une baisse de 4,7 % sur 12 mois. L’élan à court terme ne s’est pas beaucoup amélioré non plus, le recul annualisé sur trois mois s’établissant à 7 %. Après une correction initiale importante, les prix sont maintenant en train de baisser lentement jusqu’à ce que l’abordabilité soit rétablie.
Les conditions du marché varient fortement d’une région à l’autre. À un bout du spectre, le Québec et le Canada atlantique affichent des marchés fermement équilibrés ou de vendeurs et la hausse des prix des maisons se poursuit. Par exemple, même si le prix des maisons à l’échelle nationale baisse, Québec et Moncton affichent des gains à deux chiffres par rapport à il y a un an.
Les marchés albertains ont perdu en force. Les ratios ventes-nouvelles inscriptions sont passés sous la barre des 60 % à Calgary et à Edmonton, ce qui correspond toujours à un équilibre, mais représente une baisse par rapport aux données récentes. Les ventes dans les deux marchés ont reculé de plus de 10 % par rapport à il y a un an et les prix ont reculé d’environ 3 %.
Le sud de l’Ontario demeure le maillon faible, surtout en ce qui concerne les nouvelles copropriétés. Les ventes dans ce secteur sont pratiquement nulles et les investisseurs sont absents. La suppression de la TVH sur les maisons neuves (pour tous les acheteurs) en Ontario est entrée en vigueur le 1er avril, et il reste à voir si cette mesure aura une incidence importante sur la demande lorsque les prix de revente baisseront. C’est toutefois une bouée de sauvetage pour les constructeurs de maisons. En mars, les prix des copropriétés à l’échelle de la province ont reculé de 8,8 % sur 12 mois, et certains marchés de la région du Grand Toronto ont subi plus de pression. Vancouver et certains autres marchés de la Colombie-Britannique demeurent également faibles, l’ampleur des stocks et la faiblesse des ventes continuant de faire baisser les prix.
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