Un long mois de décembre
Le marché de l’habitation au Canada a terminé l’année en douceur sur une note morose, les ventes et les prix ayant continué de baisser pour clôturer une autre année de repli prolongé. Bien que les marchés ne connaissent pas tous les mêmes conditions, les chiffres à l’échelle nationale ont été marqués par une baisse des volumes de ventes, tandis que le prix de référence a terminé l’année en baisse de 4 %, soit 18,6 % de moins que le sommet du début de 2022. Comme les taux hypothécaires sont apparemment figés cette année, que l’abordabilité continue de s’adapter et que les investisseurs se sont tournés vers d’autres catégories d’actif, il semble que ce soit une autre année d’activité stagnante pour l’habitation au Canada.
En décembre, les ventes de maisons existantes ont baissé de 2,7 % après désaisonnalisation, et de 4,5 % par rapport à il y a un an. Pour l’ensemble de l’année, les volumes de ventes ont connu une légère baisse de 1,9 % et l’activité totale a marqué la troisième année la plus faible de la dernière décennie.
Les nouvelles inscriptions ont diminué de 2,0 % au cours du mois et ont été en hausse de 0,8 % par rapport à il y a un an. Le ratio ventes-nouvelles inscriptions s’est donc légèrement détérioré pour s’établir à 52,3 %, ce qui reflète des conditions globales encore équilibrées à l’échelle nationale.
Beaucoup parlent de la demande refoulée en raison du manque de volume de ventes en 2025, mais il y a probablement aussi une part importante d’offre refoulée sous forme d’inscriptions qui sont restées en suspens et qui ont finalement été retirées après ne pas avoir été vendues. Nous verrons comment se traduira cet équilibre au printemps.
Le prix de référence national a de nouveau chuté pour terminer l’année, en baisse de 4,0 % sur 12 mois en décembre.
Au cours de l’année, les prix ont chuté en Colombie-Britannique et en Ontario, alors qu’ils ont augmenté dans la plupart des autres régions. En effet, l’écart de rendement des prix était devenu important en décembre, les marchés les plus faibles (p. ex. certaines parties de la région du Grand Toronto et des banlieues) ayant reculé de 10 % sur 12 mois, tandis que certains petits marchés du Canada atlantique et du Québec ont enregistré des hausses de plus de 10 %.
Voici un aperçu des conditions du marché à l’échelle locale :
Le sud de l’Ontario demeure le maillon faible, surtout en ce qui concerne les nouvelles copropriétés. Les ventes de nouvelles copropriétés sont pratiquement épuisées ont presque toutes cessé, les investisseurs sont absents et le marché de la revente éprouve encore des difficultés. Le prix des appartements (des baisses atteignant plus de 10 % les deux chiffres par rapport à l’année précédente) est plus éprouvé que celui des maisons unifamiliales, mais le prix de ces dernières reste soumis aux pressions liées à l’abordabilité.
Vancouver et certains autres marchés de la Colombie-Britannique demeurent également faibles en raison des stocks élevés. La baisse du ratio ventes-nouvelles inscriptions en décembre a de nouveau fait basculer Vancouver vers un marché d’acheteurs. Les prix des copropriétés et des maisons individuelles ont diminué d’environ 5 % par rapport à il y a un an.
Les marchés du Québec et plus à l’est demeurent tendus presque partout. Bien qu’elles ralentissent, les hausses de prix dans ces régions sont soutenues, avec une hausse de 17 % sur 12 mois à Québec (le marché le plus vigoureux au Canada en 2025), de 5,8 % sur 12 mois à Montréal et de 4,7 % sur 12 mois à Moncton.
Le marché de Calgary s’est refroidi après une forte remontée au début de 2025, et une grande partie de l’intéressante abordabilité ou de l’arbitrage des investisseurs (de Toronto à Calgary) est maintenant hors de prix. Les ventes ont baissé de 14,8 % par rapport à l’année dernière en décembre et les prix ont diminué de 3,4 %. Edmonton et le reste des Prairies demeurent plus solides.
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