À la suite des récentes élections au Canada, les perspectives économiques du pays se sont améliorées depuis le début de l’année, lorsque l’introduction des tarifs douaniers américains a assombri les perspectives. Bien que les politiques du président américain Donald Trump soient largement considérées comme une influence clé sur le résultat des élections, l’impact s’étend bien au-delà de la relation transfrontalière. Les barrières commerciales interprovinciales sont en voie d’être éliminées, et le Canada s’efforce activement de diversifier ses échanges commerciaux à l’extérieur des États-Unis, d’accélérer les projets d’infrastructure – en mettant l’accent sur l’énergie et l’exploitation minière – et de rétablir les relations internationales.
Pour comprendre ces tendances et les occasions de placement potentielles, BMO a organisé une table ronde intitulée Quelle est la suite pour le Canada? Impacts d’un nouveau gouvernement sur les plans politique, économique et énergétique. La conversation a mis en vedette les personnes suivantes :
L’honorable Scott Brison, P.C., délégué du conseil, BMO Gestion de patrimoine
Michael Gregory, économiste en chef délégué, BMO Marchés des capitaux
Randy Ollenberger, premier directeur général, Industries pétrolière et gazière, BMO Marchés des capitaux
Devin Dodge, analyste, Industrie, BMO Marchés des capitaux
George Trapkov, vice-président et gestionnaire de portefeuille, BMO Gestion privée (animateur)
« La politique a changé au Canada en raison de l’administration Trump, a déclaré Scott Brison. La menace tarifaire pour l’économie canadienne a vraiment créé un changement radical dans la façon dont les Canadiens voyaient la politique au moment des élections. »
« Les Canadiens veulent un leader qui peut non seulement gérer l’économie, mais aussi en bâtir une plus résiliente, une qui peut s’épanouir tout en demeurant moins vulnérable aux menaces externes », a-t-il dit. « En réponse à l’évolution de la position politique aux États-Unis, l’une des principales questions posées aux Canadiens lors des récentes élections fédérales était de savoir qui serait le mieux placé pour composer avec Trump et la menace tarifaire », a expliqué M. Brison.
« Bien qu’il soit encore tôt, les Canadiens semblent obtenir ce pour quoi ils ont voté », a déclaré M. Brison, en soulignant que la relation entre le Canada et les États-Unis s’est considérablement améliorée.
Pour en savoir plus sur le commerce international et les tarifs douaniers, consultez le carrefour Perspectives transfrontalières de BMO.
Ce balado est en anglais seulement.
L’économie résiliente du Canada
« D’un point de vue économique, le Canada affiche un rendement beaucoup plus élevé que prévu depuis l’annonce initiale des tarifs douaniers américains », a déclaré Michael Gregory. À l’heure actuelle, les Études économiques de BMO prévoient que la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel sera de 1,3 % jusqu’en 2026, ce qui contraste fortement avec le rythme de 0,5 % prévu en avril. Malgré tout, cette croissance est inférieure aux prévisions de BMO de près de 2 % pour le Canada avant le début des perturbations commerciales. Il y a deux principales raisons à l’amélioration des perspectives économiques : les tarifs douaniers n’ont pas été aussi élevés que prévu et les politiques favorables à la croissance de M. Carney.
« Le plus grand défi est l’incertitude créée par la politique commerciale des États-Unis et son incidence sur les entreprises et la confiance des consommateurs », a déclaré M. Gregory. « La confiance continue de s’éroder, et cela se répercute sur les investissements des entreprises liés au commerce », a-t-il dit. « Il est peu probable que nous voyions un avantage en matière d’investissement ou que notre confiance se rétablisse tant que nous n’aurons pas dissipé cette incertitude au sujet de la politique commerciale. »
Un accord commercial entre le Canada et les États-Unis pourrait contribuer grandement à résoudre ce problème, mais M. Gregory a indiqué qu’il faudra du temps pour regagner cette confiance.
Devenir une superpuissance énergétique
« Les relations nord-sud ne sont pas la seule priorité du gouvernement fédéral. M. Carney a également exprimé le désir de transformer le Canada en une superpuissance énergétique. L’industrie a bon espoir que ce changement de politique contribuera à la création d’installations supplémentaires de gaz naturel liquéfié (GNL) au large de la Colombie-Britannique pour compléter l’installation qui vient tout juste d’être mise en service », a déclaré Randy Ollenberger.
« L’accueil dans le secteur pétrolier a été très optimiste, a-t-il dit. Ce que le secteur recherche, c’est beaucoup de certitude quant au contexte réglementaire et aux coûts. Une grande partie de cela découle du désir du gouvernement de vendre des barils à faibles émissions de carbone dans le monde tout en s’efforçant de respecter les ambitions énergétiques du pays, a-t-il expliqué. Bon nombre des projets de captage du carbone ont été mis en suspens en raison de l’incertitude politique. »
Devin Dodge a convenu que l’environnement s’est amélioré pour les grands projets, comme celui du GNL. Il a également ajouté que la vision de M. Carney va au-delà des combustibles fossiles, soulignant que les sources d’énergie renouvelable, à faibles émissions de carbone ou sans carbone, comme l’hydroélectricité, l’énergie éolienne en mer et l’énergie nucléaire, font partie du plan.
« Il y a encore beaucoup de choses sur lesquelles le secteur a besoin de précisions. Cependant, si nous continuons dans cette voie, où le gouvernement veut que ces choses soient faites, où il encourage le secteur et les responsables de projets à aller de l’avant et à créer les conditions nécessaires, nous pourrions nous retrouver dans un contexte où des investissements supplémentaires de plusieurs centaines de milliards de dollars seraient réalisés dans l’Ouest du Canada au cours des cinq prochaines années », a-t-il dit.
Accélération des projets
« Deux ans. C’est la cible que le gouvernement fédéral s’est fixée pour approuver certains de ses projets de ressources et d’infrastructures les plus ambitieux », a expliqué M. Dodge. Il prévoit que la liste des projets pourrait comprendre des investissements dans les infrastructures non traditionnelles dans les communautés autochtones, ainsi que dans le Nord du Canada, en particulier autour des ports et des voies d’accès à ces ports. « Le transport d’électricité d’est en ouest pourrait être un autre projet à surveiller, avec l’assouplissement des barrières commerciales interprovinciales », a-t-il dit.
« C’est une grande amélioration par rapport à la situation actuelle, du moins lorsque nous pensons aux projets de ressources et d’énergie, a déclaré M. Dodge. Mais il est possible que ces projets ne soient pas mis en œuvre avant 2027 ou 2028. »
« Malgré tout, cet échéancier pourrait être avantageux pour les firmes de génie-conseil, les concessionnaires d’équipement lourd et les entreprises de construction », a-t-il dit, même si les entreprises de ces secteurs dépendront des projets qui seront présentés.
Définir une nouvelle orientation
Quelques semaines seulement après avoir remporté les élections fédérales, le premier ministre Mark Carney a organisé une réunion des pays du G7, a mis en place des politiques pour accélérer les grands projets, a rencontré des dirigeants européens et a renoué des relations avec des pays comme l’Inde, l’Arabie saoudite et la Chine.
Au pays, M. Carney tire également parti du fort sentiment nationaliste pour accélérer l’approbation des grands projets et contribuer à faire du Canada une superpuissance énergétique, tant dans le secteur de l’énergie conventionnelle que de l’énergie propre. « L’une des choses que le président Trump a accomplies, c’est d’unir les Canadiens dans une mesure que je n’avais pas vue depuis longtemps en ce qui a trait à la nécessité de la croissance économique, et à des choses comme les grands projets et l’unification des provinces en matière de commerce interprovincial », a déclaré M. Brison. « Même le Québec, qui n’a peut-être pas été aussi réceptif au projet énergétique national, est plus réceptif à l’idée », a-t-il dit.
« C’est encore une période de lune de miel, et les gens veulent que les candidats réussissent et que le premier ministre réussisse, mais il y aura des défis pour y arriver, mais les premiers signes sont très positifs », a déclaré M. Brison.